Maison d’enfants François Constant

L’histoire de la maison

Une habitation, une auberge, un orphelinat ou un foyer ? Un peu tout ça à la fois ! Un peu d’histoire…

André GILLY dit « Gily la jeunesse » (1736-1817), compagnon du tour de France, maçon, tailleur de pierre, puis architecte et entrepreneur, bourgeois par la Jurade en 1766, fut certainement l’homme qui construisit la maison située à l’époque près de la Porte Saint Emilion et hors des murs lorsqu’il arrive à Libourne en 1757.

Cette maison très bien située faisait le coin des allées de Tourny et du chemin de la Belotte, avec attenant, un grand jardin et une terre labourable. D’habitation elle devient auberge lorsqu’il épouse en 1763 Catherine GUEYRARD en seconde noce, fille d’un marchand et aubergiste du Quartier des fontaines de Libourne. Il aura une fille, Suzanne, de son premier mariage, puis douze enfants de son second mariage dont six seront encore vivants en 1810. A la mort d’André GILLY, en 1817, l’aïeul de François CONSTANT achète la maison à ses héritiers.

François Constant (1813 – 1881)

Fils de Louis CONSTANT, aubergiste, cousin du général Edgard Torel, militaire de haut rang qui s’était distingué dans les colonies françaises,il habite cette maison. A la fin de sa vie, célibataire et sans héritier, il en fait don à la ville à condition que le bâtiment serve pour héberger les orphelins. A sa mort, la rue de la Belotte devient la rue François Constant.

L’aventure de la protection des enfants peut dès lors commencer…

En effet, l’œuvre des orphelins a été fondée à Libourne en 1863. L’initiative et l’honneur de cette fondation appartiennent à Mme Louise Valles, appelée en religion sœur Angélique de l’ordre de Saint Vincent de Paul. Cette communauté fut créée en 1633 par Saint Vincent de Paul, personnage important dans l’histoire de l’éducation spécialisée pour le recueil d’enfants abandonnés et leurs envois dans des familles en provinces. Les sœurs n’habitaient pas dans des couvents mais dans les paroisses, elles circulaient librement et ne faisaient pas partie des communautés religieuses au sens traditionnel. Afin de se procurer des ressources Louise Valles fait appel aux dames de charité de la ville, qui deviennent « dames de la Providence et protectrices de l’Orphelinat ». Louise Valles a sacrifié sa propre fortune et donné tous les instants de sa vie à cette œuvre. Malgré tout, des difficultés persistent et c’est en 1867 que Mme Louise Valles va proposer à la Mairie de Libourne d’accepter son établissement en leg. Pour cela elle offre de céder le local à condition de ne pas changer sa destination actuelle et que l’Orphelinat ne soit jamais placé dans le local de l’Hôpital.

Cette gestion caritative est restée présente dans l’imaginaire des habitants de la ville qui continuent de temps en temps à venir donner des vêtements pour les enfants. Pendant plus d’un siècle, l’Orphelinat sera géré par les sœurs de Saint Vincent de Paul.

Jusqu’à la fin de 1965

l’établissement, qui peut accueillir jusqu’à 60 enfants, est dénommé « orphelinat municipal » d’où l’inscription sur la façade de l’établissement ainsi que le blason de la ville de Libourne qui rappelle que le foyer lui appartient. L’orphelinat est financé par l’intermédiaire d’un gestionnaire employé de la ville, administré par une commission mixte de conseillers municipaux et dirigé par la sœur supérieure, aidée de deux sœurs et de quatre monitrices. Les enfants vont tous à l’école de la ville. Ils ont entre cinq et quatorze ans pour les garçons et dix-huit ans pour les jeunes filles n’ayant plus de famille.

Jusqu’en 1965

garçons et filles constituent deux groupes très séparés : réfectoire, salle de jeux et salles d’études sont très distinctes. Peu de rencontres sont prévues entre filles et garçons qui sont pratiquement tous frères et sœurs et qui peu à peu expriment leur souffrance d’être séparés. Cette conception de l’éducation va évoluer petit à petit. Le réfectoire va devenir commun puis le dortoir, les sorties à la journée et même la colonie de vacances. En janvier 1966, à la demande réitérée des enfants, la municipalité a accepté de changer l’ancien terme d’orphelinat en celui de FOYER, considéré comme moins stigmatisant. A l’intérieur du foyer, la communauté est constituée de plusieurs « mamans » ayant leur rôle respectif. Les monitrices sont les grandes sœurs et la présence d’un moniteur lors d’une colonie contribue à la stabilisation de l’ensemble. Toutes reconnaissent la présence d’un homme indispensable. La coéducation des religieuses et des civils permet une grande sécurité pour les enfants et supprime vite l’impression d’isolement que l’on peut avoir dans une collectivité. Elle équilibre le personnel et répond au terme de foyer dont il faut chaque jour faire une réalité. Elle oblige à veiller avec affection et avec maturité d’esprit autant sur les éducateurs que sur les enfants. Une amitié saine et sans rivalité naît entre les enfants. Les méthodes de travail et la confiance mutuelle permettent aux monitrices de mettre par écrit et lors de réunions fréquentes leurs observations sur les enfants au niveau du comportement social, de l’enseignement religieux et de l’initiation à la vie.

En 1977

suite au départ des religieuses, la ville reprend la gestion de l’établissement et nomme une directrice qui restera là pendant 25 ans, c’est-à-dire jusqu’en 1997. Des travaux sont effectués en 1978, les dortoirs sont enlevés. Pendant cette période de rénovation, les enfants qui sont une vingtaine, sont hébergés au « petit foyer ». La durée moyenne d’accueil des enfants sera plus courte. L’équipe des professionnels se professionnalisera, recrutement d’éducateurs, spécialisation des services généraux. Peu après les lois de décentralisation (82, 83 et 86) le foyer devient départemental (en 1987 environ) même si les locaux appartiennent toujours à la mairie.

Le Foyer François Constant acquiert à partir du 1er janvier 1987 son autonomie juridique sous le statut d’établissement public autonome communal (EPAC) par délibération du Conseil Municipal de la ville de Libourne en date du 9 décembre 1986. Conformément à la loi n°83-8 du 7 janvier 1983, l’établissement a été transformé par délibération du Conseil Municipal de la ville de Libourne, en date du 11 décembre 2000 et par délibération du Conseil Général en date du 23 octobre 2000 en établissement public autonome départemental à partir du 1er février 2001.

L’histoire, un éternel recommencement ? Difficile de trancher…

Toujours est-il que les motivations ayant amené l’établissement à se renommer Foyer sont encore aujourd’hui d’actualité et viennent de conduire l’établissement à se dénommer Maison d’enfants François Constant : une rencontre troublante entre ce qui fût à l’origine une habitation et la louable volonté de s’occuper et de protéger des enfants.


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